L’Année du Cheval galope place de la République
Le ciel était gris, mais qu’importe. Ce dimanche 22 février 2026, la place de la République a explosé de couleurs, de sons et de vie pour célébrer le Nouvel An lunaire et l’arrivée de l’Année du Cheval. Une fête populaire, gratuite, familiale — et visiblement attendue.
La foule était dense, curieuse, festive. Les Parisiens sont venus en nombre, comme ils l’ont fait depuis que ce Festival du Nouvel An Chinois a trouvé ses marques dans le 11e arrondissement, confirmant d’année en année qu’il n’a pas besoin de soleil pour faire le plein.

Dragons, défilés costumés et saveurs asiatiques ont rythmé la journée. Les dragons, justement, méritent qu’on s’y attarde un instant. Facétieux et courageux tout à la fois, ils ont promené leurs longues silhouettes colorées sur la place, faisant trembler les uns et sourire les autres — parfois les mêmes, au même moment.

Et les pétards, bien sûr. On les entend avant de les voir. Leur fracas claque, surprend, fait sursauter les enfants et rire les adultes. Mais derrière le spectacle, il y a une intention vieille comme le monde : depuis des siècles, dans la tradition chinoise, on fait éclater les pétards pour chasser les mauvais esprits, leur signifier que l’année nouvelle n’est pas pour eux, que la lumière et le bruit les tiennent à distance. Une façon, somme toute, de commencer l’année du bon pied — ou plutôt du bon sabot, puisque c’est le Cheval qui mène la danse.
Une voix pour le Cheval de Feu
Ce dimanche, dans l’effervescence du Festival, une jeune chanteuse eurasienne est venue offrir au public un moment inattendu. Gersende a choisi l’occasion du Nouvel An chinois — celui de l’Année du Cheval de Feu — pour faire résonner deux visages d’une même culture.
D’abord une mélodie traditionnelle, bien connue de la communauté chinoise, portée avec une sincérité désarmante. Puis un titre résolument moderne, pour rappeler, sourire aux lèvres, que la jeunesse asiatique est vivante, créative, ancrée dans son temps autant que dans ses racines.
Entre les deux chansons, tout un monde. Et dans le public qui s’était arrêté sans l’avoir prévu, quelque chose qui ressemblait à de la reconnaissance.

L’Echo de Arts





