
Le vieux Vierzon ne se résume pas à ses pavés inégaux ou à ses trottoirs fatigués. Si le cœur historique semble parfois délaissé par les pouvoirs publics, il suffit de pousser une haute porte en bois pour découvrir que la ville dissimule des trésors insoupçonnés. Au 17 rue de l’Étape, une adresse dont le nom prédestinait à l’accueil, Eve-Elisabeth a redonné vie à une demeure d’exception.
Un voyage architectural à travers les siècles
Franchir le portail de cette propriété, c’est s’offrir un saut dans le temps. Sous l’œil expert de l’historien Frédéric Morillon, on apprend que ces chambres d’hôtes, dit Les Francières, servait autrefois de résidence d’hiver aux propriétaires du château de Fay. Voisin de l’Hôtel de la Monnaie, l’édifice est un palimpseste architectural : sur une base médiévale-Renaissance vient s’épanouir une façade Art déco surprenante, offrant une perspective unique sur la cité.
Avant de devenir le refuge des actuels propriétaires, les lieux furent longtemps habités par la famille Jeanclos, figures locales bien connues pour leur magasin Sivry (situé jadis à l’emplacement de l’actuel Office de Tourisme). Aujourd’hui, Eve-Elisabeth occupe les lieux sans en dévoyer l’âme, laissant la pierre raconter sa propre épopée.
Entre « Nuit de Chine » et zénitude
Le concept est double, à l’image de la maison : une partie privée et une partie dédiée aux hôtes, accessible par un majestueux escalier de pierre. On y trouve deux chambres d’hôtes singulières et un cabinet d’hypnothérapie.



L’intérieur est une invitation au voyage et à l’éclectisme :
- L’Asie en Berry : La chambre « Nuit de Chine » envoûte par sa singularité, tandis qu’une touche d’humour se glisse jusque dans la salle de bain, où une mini-statue de Mao surplombe la baignoire.
- Un jardin suspendu : À l’extérieur, un Bouddha dore au soleil sous l’ombre d’un arbre majestueux aux branches entrelacées.
- Le Cabinet de bien-être : Les volets à claire-voie du cabinet d’hypnothérapie s’ouvrent sur l’église Notre-Dame, baignant les séances dans une atmosphère de « zénitude » absolue.







Une parenthèse hors du temps
Ce qui frappe au 17 rue de l’Étape, au-delà de la richesse patrimoniale, c’est la bienveillance des hôtes. Ils ont su créer un univers où les époques se superposent sans jamais s’entrechoquer. Une fois le seuil franchi, le tumulte urbain s’efface pour laisser place à un vent léger et apaisant.
Cette demeure ne se contente pas d’être un bâtiment ; elle est le reflet de ses habitants : originale, respectueuse et profondément humaine. Une escale nécessaire pour quiconque souhaite redécouvrir Vierzon sous son jour le plus poétique.







